4 - Le rythme de la compétition quand elle approche.
<REP|SITE/2001/entrainement>
La période d’entraînement foncier a permis d’entraîner l’organisme à supporter de longues durées d’effort et à récupérer vite. La période suivante a permis d’augmenter l’intensité (au seuil) tout en stimulant encore la récupération. La période permettant d’acquérir le rythme de compétition est plus délicate à envisager, supposant des séquences pénibles. C’est pourquoi je commence par quelques mises en garde :
Après le foncier, la 2ème phase de l’entraînement a permis de développer la force et le seuil anaérobie. On a vu que la force se travaillait sans tourner les jambes, pour le seuil il vaut mieux les tourner (ça fait souffler). Le travail du rythme va, lui, servir à INTEGRER ces deux qualités. Il faut parvenir à tourner les jambes sur un gros braquet, c’est pourquoi on dit aussi rythme-force, une expression parlante qui montre bien que l’intensité de ce travail ne se supporte pas facilement. Il va y avoir accumulation d’acide lactique (intensité de travail + brièveté des temps de récupération), alors que le taux se stabilisait lors du travail au seuil. Conséquence : ce type de travail fait mal aux jambes et laisse des traces, il est repoussant, et si on en abuse, on finit par avoir peur de l’entraînement (impact psychologique) et on se crame au lieu de progresser.
Ces exemples montrent que pour durcir les séries, on augmente leur nombre, on diminue la récupération entre elles, on n’augmente pas trop la durée des efforts (sinon on tombe dans le travail de la PMA ou du seuil). Bien sûr, on régule à la hausse si le travail est trop facile (pas mal aux jambes), à la baisse si on faiblit avant la fin des séries (pulsations qui baissent comme en course quand on coince).
NB : je donne des exemples concernant le noyau central de la séance. Ça n’empêche pas de faire un long échauffement (vélocité + quelques sprints), et une série au seuil avant et après ce bloc central plus difficile que le reste.
Les exemples ci dessus sont rigoureux mais peuvent devenir lassants.
Il est pourtant possible de s’approcher de ce type de travail sans qu’il soit rébarbatif ?exemples :
Il faut aussi travailler le rythme sur des durées plus longues (rythme d’échappée), ça peut se mixer avec le rythme force, ça se travaille efficacement en effectuant 5 à 10km en relais soutenus (on peut faire une séquence de rythme long entre deux blocs de rythme force, ou après ces blocs, avant le retour au calme). Ça correspond à la puissance maximale aérobie (PMA), alors que le rythme force correspond à un travail de puissance lactique (d’où son côté douloureux). Ce travail de rythme de longue durée est à faire à l’approche immédiate des compétitions (commencer 2 à 3 semaines avant). Il peut être réalisé par les jeunes, en privilégiant un braquet souple, pour travailler autant la souplesse du pédalage et la technique de relais que les qualités physiologiques. Mais là non plus il ne faut pas confondre rythme long et faire une sortie qui ressemble entièrement à une course. Il est préférable de réaliser plusieurs sections de 5 à 15 minutes en continu, à un rythme légèrement supérieur à celui d’une échappée. C’est ainsi que le rythme d’une échappée paraîtra supportable, tout comme celui des attaques le devient grâce au rythme force.
Conserver deux sorties tranquilles par semaine est essentiel pour ne pas tomber dans la fatigue prématurée. Une dominante rythme ne signifie pas ne faire que du rythme. Une sortie dure sur deux, c’est un maximum, et encore, si on sait récupérer convenablement.
Par exemple, un senior à 5 sorties par semaine peut faire rythme force le mardi (2h30 maxi), rythme force et rythme long le jeudi (3h maxi), 3h vélocité et force le samedi, 2 sorties le dimanche : 2h seuil anaérobie le matin, et 2h récup en vélocité l’après-midi (Rq : le week-end ainsi constitué engendre un bon impact foncier sans faire une sortie de plus de 3h d’un coup).
Exemple à 4 sorties par semaine : 2h30 rythme force et rythme long le mardi, 3h force et vélocité le jeudi, 2h30 rythme force le samedi, 4h foncier - vélocité le dimanche.
Cette période de l’entraînement est vraiment celle où la qualité prime sur la quantité ! Le nombre d’heures est un critère important lors de la phase foncière (logique), mais plus on se rapproche des compétitions, plus c’est le critère INTENSITE (pulsations, vitesse atteintes, temps de récup) qui doit primer. Il faut penser à ROULER PLUS VITE, pas spécialement à rouler plus. Ça paraît évident quand on connaît les caractéristiques d’une course, mais ça l’est moins quand on voit que la plupart des coureurs évaluent la qualité de leur entraînement au nombre de kilomètres parcourus alors que leur qualité en course s’évalue à la VITESSE à laquelle ils roulent, grimpent, sprintent.
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